++ Angoulême 2012 ++

Oh, j’avais oublié de dire que je pars
pour la semaine à Angoulême. A vrai dire
quand vous lirez ces lignes j’y serai déjà…
(magie de la planification wordpress)
Pour ceux qui passeront dans le coin :
je dédicace  ma Bd Mastadar Manipulation
sur le stand Vide Cocagne avec l’ami Thomas Gilbert.

A part ça, mes petits potes/coworkers de l’atelier
Arbitraire sortent le nouveau numéro  de leur revue
du même nom, et c’est génial, alors bon, si vous
avez l’occasion de mettre la main dessus…

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Dead Space 2

Je perds mon temps sur Dead Space 2 ces temps-ci.
J’avais adoré le premier, mais faut bien avouer que c’était
une promenade de santé en comparaison de celui-ci.

Du coup, quand l’ami Ulysse m’a proposé de faire
un dessin pour son tout nouveau blog de fan-arts geeks,
j’ai tout de suite pensé à ce pauvre diable d’Isaac.

J’ajoute aussi le lien vers le Tomberry Art Database
pour que vous puissiez découvrir les autres dessins.
Ami nerd, régale-toi.

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ハウルの動く城 Howl’s Moving Castle

Et bien voila finalement le dernier.
Howl’s Moving Castle, réalisé par l’inusable
Hayao Miyazaki et son Studio Ghibli.

Je le répète une nouvelle fois, je ne suis pas trop fan de l’expression
qui dit : « d’façon, le livre c’est toujours mieux que le film ». Quand elles ne sont pas
de bêtes copies appauvries, les adaptations essayent tout de même de changer  de
point de vue ou d’apporter de nouvelles indications par rapport à l’oeuvre originale.
C’est le cas du Chateau Ambulant de Miyazaki. S’il reprend les grandes lignes de
l’histoire de Diana Wynne Jones, la trame prend à un moment un virage tout à
fait différent. Une sorte de version alternative, plus « cinématographique ».
Personnellement, j’avoue, je préfère la version du livre, beaucoup moins
enfantine… je crains qu’en essayant de vous expliquer les différences majeures
je vous spoil beaucoup de trucs. Ce que je vais vous conseiller de faire, pour
une fois, ce n’est pas seulement de regarder le film (c’est déjà fait pour la plupart
d’entre vous hein ?) mais aussi de LIRE LE BOUQUIN. Il fait 400 pages mais
c’est écrit gros et « ça se boit » ultra rapidement. Il y a plus de personnages, sont
tous traités plus en profondeur et l’intrigue est différente et vraiment passionnante.
En fait, je dois même avouer que c’est un des meilleurs livres jeunesse que j’ai lu.
J’ai le livre sous les yeux là, et rien qu’à relire quelques phrases ça
me donne envie de me relancer dans l’aventure.
Quoi qu’il en soit, le film d’anim est excellent lui aussi, un des plus
abouti (point de vue visuel et narratif) du réalisateur.
Et puis, il y a Calcifer…

Encore une fois, les traducteurs français ont bien du mal. Je ne sais pas si cela
résulte d’un incroyable manque de jugeote ou d’un choix très (très)
discutable, mais ils n’ont pas réussi à traduire…  LE NOM DU HEROS !
Le titre du film est Howl’s Moving Castle, qui veut donc dire « Le Chateau
bougeant (bien que le terme le plus approprié serait « mouvant ») de Howl.
Le nom du personnage dans le film et dans le livre est donc HOWL.
Les japonais et leur sylabaire katakana adaptent nos mots occidentaux,
chez eux, Howl (ハウル) devient donc Hauru (prononcer aoul’), qui est la
prononciation la plus proche de Howl dans leur langue… et bien les traducteurs
français, ahah, et bien ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que de traduire
son nom en HAURU (à prononcer aorou). Une blague ! Une faute de goût incroyable
(tous les autres personnages ayant gardé leurs noms occidentaux)
et imputable seulement aux français (en effet, aucune autre équipe de traduction
de la planète ne fut assez stupide pour faire cette erreur)
Un étudiant de première année de japonais aurait fait mieux.
Bravo les mecs, je vous tire mon chapeau… Ca aura au moins eu le
mérite d’amuser la galerie.

La version française du livre s’appelle Le Chateau de Hurle. Encore
une fois, les traducteurs semblent avoir du mal avec le mot « howl », mais
là, au moins, ils respectent une certaine logique vu qu’ils traduisent
simplement les termes anglais en français. Enfin le mieux c’est encore
d’en acheter une version en langue originale…

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天ごくの扉 Cowboy Bebop Knockin’ On Heaven’s Door

Si certains m’écoutent encore quand je parle (ils se font de plus en
plus rares), ils m’entendront sans doute déblatérer pour la millième fois
que Cowboy Bebop, c’est la meilleure série d’animation jap, et patati et patatra.
Ce blog est lui-même truffé de dessins mettant à l’honneur le Bebop et ses habitants,
dans un précédent post j’expliquais que Cowboy Bebop, « c’est la vie ! ».
Avant de rentrer dans les détails et de faire tout un pavé sur le merveilleux film
qui découle de la série, il faut faire un rapide retour dans le temps et revenir à
la création de ce petit bijou.

Nous sommes en 2001. Cowboy Bebop, après 26 épisodes d’une incroyable intensité,
rend les armes. C’est la fin. Le générique final retentit, je déprime devant ma télé
tube cathodique, Canal+ se brouille et je me dit que jamais plus je ne reverrai la
bande à Spike de ma vie. Ouais mais voila, il s’avère en fait que j’ai tort. En effet,
à 9800km de chez moi, le réalisateur Shin’ichiro Watanabe, les trois producteurs de
Bebop et l’équipe de la série font leurs valises. Ils décident de quitter la société Sunrise
(apparemment trop esclavagiste) et de créer leur propre studio d’animation, baptisé
Studio Bones (pour ceux qui ne suivent pas, Bones est maintenant un des studios les
plus prisé du Japon, ils ont créés quelques unes des séries qui cartonnent le plus sur
l’archipel, comme RahXephon, Wolf’s Rain, Eureka Seven et leur succès international,
FullMetal Alchemist). Et la première annonce des studios Bones fut donc d’officialiser
la sortie prochaine d’un long-métrage dédié à Cowboy Bebop, baptisé
Knockin’on Heaven’s Door  (Tengoku no Tobira/Les  Portes du Paradis en nippon).
Ô joie : moins d’un an plus tard sortait donc ce long-métrage qui allait permettre
à tous les fans de Bebop (et moi le premier) de retrouver une dernière fois les plus
mauvais chasseurs de prime de la galaxie.

Le film se situe entre les épisodes 22 et 23 de la série (les aficionados de l’animé
savent que les épisodes 23 à 26 changent radicalement la physionomie de la série
et donc, il était logique de créer une histoire qui se déroule avant ces évènements).

Je copie/colle le résumé anglais façon Wikipédia parce qu’il est très bien fait :
The year is 2071, a few days before Halloween. A deadly virus is being released in
the capital city of Mars, and the government has issued a 300 million woolong reward,
the largest bounty in history, for the capture of whoever is behind it. The crew of the
spaceship Bebop : Spike, Faye, Jet, Ed and Ein, take the case with hopes of cashing in
the great bounty. But the mystery surrounding the man responsible, Vincent Volaju,
goes deeper than they ever imagined, and they are not the only ones hunting him.
The original creators of the virus have dispatched an agent named Electra to deal
with Vincent, as well as take out anyone who might uncover the truth behind his
murderous crusade  against the Martian government. As the hunt for the man with
no past and no future continues to escalate, the fate of Mars rests with the Bebop crew,
a responsibility they aren’t so sure they can handle.

Il y a dans le film une espèce de réalisme qui tranche nettement avec la série.
Pour la première fois, le Bebop pose enfin les pieds sur terre : fini le fantastique, fini
les voyages galactiques. L’histoire se passe à la capitale (en gros, c’est New York) et
dorénavant, le héros c’est le citoyen. Spike et ses comparses déambulent dans les rues,
séparés, côtoyant ici des joueurs d’échecs sur un trottoir,  là un marchand de tapis,
se fondant dans la foule, échouant lamentablement dans la plupart de leurs objectifs.
On est très loin de l’archétype des héros ultra mis en avant, avec une réussite indécente
au tir et un sourire colgate. Les cinq chasseurs de prime (oui, je compte le chien) qui font
office de héros sont des nazes, et c’est ce qui les rend attachants.
La scène d’intro (et celle de fin) est d’ailleurs toute consacrée à nous faire saisir
ce changement : je la mets en lien ici, vous pouvez la regarder sans rien
vous spoiler du film. Je la trouve vraiment bien fichue.

Que dire d’autre ?
La bande son est topissime, encore plus léchée que celle de la série. Une des
meilleures que j’ai entendue dans un film d’animation. J’ai les OST à la maison,
elles sont passées  en boucle pendant un bon bout de temps.
Le bad guy du film, Vincent Volaju, est inspiré physiquement
de l’acteur Vincent Gallo (ça c’est de la bonne anecdote inutile hein)
L’édition Dvd française est à chier, et les doublages français et américains
aussi. Avant la sortie du film en France, j’ai réussi à choper une édition chinoise
(ou japonaise, je ne sais pas vraiment) du Dvd qui est magnifique.
Je ne sais pas si ça se trouve encore, mais je vous la conseille
plus que fortement (et puis sinon, BitTorrent, hein)

J’ai mis un trailer en lien si on clique sur l’image. Il est issu de
la version américaine mais il correct. Ce film c’est de la bombe.
Promis.

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イノセンス Innocence

Voila donc Innocence, le petit demi-frère de Ghost In the Shell,
le cousin éloigné de Stand Alone Complex, le lointain descendant
du manga de Masamune Shirow.

Prétentieux pour les uns, véritable religion pour les autres,
le dernier né de Mamoru Oshii plait autant qu’il débecte et divise
les foules. Si vous l’avez déjà vu, alors vous avez pu vous en rendre compte.
Ceux qui ont aimés, à ma gauche; ceux qui se sont endormis, à ma droite, mais
laissez de la place au centre, pour que j’explique à ceux qui ne l’ont pas vu
de quoi il retourne.

L’histoire du film se déroule quelques années après les évènements de Ghost In the Shell.
La siliconée Major Kusanagi a disparue, fusionnée avec le PuppetMaster, cette
intelligence purement cybernétique, pour former l’intelligence binaire ultime,
des 0 et des 1 qui se baladent dans vos cables USB et grignotent votre bande passante
à votre insu. Batou le cyborg et Togusa l’humain (si si, c’est assez rare pour être signalé),
les deux partenaires de choc de la Section 9, vont devoir résoudre une sinistre affaire
de robots-putes qui massacrent leurs pitoyables clients. Ils vont se balader dans les
endroits les plus sordides de la planète, dans les endroits les plus magnifiques aussi,
traquant avec espoir, non pas des Pokémon et leurs pouvoirs mais le hacker responsable
du dysfonctionnement des robots-putes (oui, parce que comme pour Asimov
et consorts, on part du postulat de base qu’un robot peut pas faire de mal à
un humain et ne possède pas de conscience propre)

Je vous conseille plus que vivement de voir Ghost In the Shell avant d’attaquer
Innocence (ou au moins de se renseigner sur l’histoire). Je ne suis pas bien d’accord
avec la légende urbaine qui dit : « Innocence est une histoire autonome qui ne nécessite
pas le visionnage de Ghost In the Shell pour être comprise ».
Il faut, au contraire, avoir
des connaissances de ce film, et ce pour quelques raisons évidentes : se familiariser
avec la Section 9 et avec les personnages, et surtout avec l’univers ultra riche de la saga.

Mais si j’insiste sur la nécessité de connaître la fin du premier, c’est parce qu’il y a un
élément que je juge de la plus haute importance : durant tout le film, on ressent
(à travers Batou, notamment) la « présence » latente du major Kusanagi, de façon
spectrale, par le choix des cadrages, par les sons et l’ambiance, on ressent son fantôme
qui imprègne chaque lieu, chaque indice, comme si elle avait toujours un cran d’avance
sur nous. C’est là le tour de force du film et d’Oshii, et c’est là la plus belle façon
d’exprimer ce qu’est le « Ghost ». Une belle façon aussi de rendre hommage
au personnage, sublimé par son absence. (pour les fans de Metal Gear : c’est un peu
comme quand on incarne Raiden : Snake est sublimé par le fait qu’on ne l’incarne pas
(L’analogie avec cette série est assez intéressante : PuppetMaster, Patriots :
même combat). Pour les fans des X-Files : Mulder n’est jamais aussi classe
que dans la saison 8, lorsqu’il n’apparaît que subrepticement.)

Les détracteurs d’Innocence cracheront sur les dialogues longuets et pompeux, sur
toutes ces phrases philosophiques lancées à la volée et que le spectateur ne saisira sans
doute pas (je ne m’en rappelle pas d’une), sur le scénario trop compliqué et
sur le manque cruel d’action…

Oui mais Innocence a pas mal d’atouts pour lui, et je vais vous les conter.
Premièrement : il se repose sur une solide histoire : l’enquête est bien menée,
possède de nombreux retournements de situations et à cette classe, cette ambiance
folle digne des vieux polars de l’après-guerre. Malgré sa grande complexité, il est super
agréable de voir Batou et Togusa récolter patiemment des indices, faire « parler » des
suspects, rouler dans leur vieille bagnole, et se servir un scotch, grattant la tête
du basset qui se traîne là et réfléchissant au sens de la vie. Innocence est très
bien rythmé (malgré quelques scènes un peu longues, je l’accorde) et passe des phases
de réflexion à de l’action pure et dure, de manière tonitruante et fracassante.
Ces scènes d’action, justement,sont ultra dynamiques : ça punch, ça cogne fort,
ça zigouille, ça explose et ça vide des chargeurs en veux-tu en voilà. La réalisation
est exemplaire, mêlant de la 3D et l’anim tradi de façon plutôt homogène et
se sublime dans les phases de bastonnade. Et puis il y a la fin, il y a ce moment
d’intense nervosité, cette délivrance et ce grand badaboum. Il y a du métal
qui se déchiquette, des boulons et du plastoque  éparpillés sur le sol, et les chants
lancinants des prêtresses shintoïstes. Pur et puissant. La métaphore du pauvre :
« c’est comme un MonChéri, c’est joli à l’extérieur, l’enrobage est fondant mais
attention, l’intérieur fracasse la tête ! »
Bon allez, j’arrête de raconter des conneries.

Pour rappel : Mamoru Oshii est le créateur de la saga Kerberos Panzer Cop, cette
espèce de brigade blindée faisant régner une justice de fer. Ca a été adapté en film live
(par Oshii  lui-même) puis réarrangé en film d’animation par son disciple Okiura.
Ce qui donnera Jin-Roh, un film magnifique, dont je ne parlerai plus, simplement
parce que je l’avais déjà fait sur cette note. Les Kerberos Panzer seront aussi réutilisés
pour le jeu vidéo Killzone (devenant les Helgasts.  Yannick, si tu passes par là, ça te
rappellera sans doute de sacrés génocides playstationesques)

A part les Ghost In the Shell, Oshii est aussi réalisateur de films classiques (oui, lui aussi),
et notamment Avalon, qui remporta un franc succès à son époque et fut souvent
comparé aux films de Tarkovski. James Cameron en dira même que c’est
« le meilleur film de science-fiction du monde » (ben tiens !). De ce que je m’en rappelle,
je n’avais pas tout capté (désolé, j’étais jeune). On retrouve aussi dans ce film ce
brave basset, toutou adoré du réalisateur.

Bon alors, j’espère que vous allez regarder Innocence. Juste pour revenir ici
dire : « Ouais mais c’était putain de chiant ton truc ! » ou, ce que j’espère un peu
plus : « Han ! Grave chanmé ! » (ou un équivalent mieux orthographié)

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