Archives : Mia Farrow

Be Kind Rewind

J’ai battu un bien triste record :
j’ai dû passer une bonne cinquantaine d’heures
devant des films la semaine dernière, à faire des
journées 14h-2h du mat’ à colorer des planches
pour finir Succube 2…
J’ai avalé les deux saisons de Bored to Death,
la filmographie de Wes Anderson (boring à souhait malgré
la beauté des images et des acteurs toujours au top),
des films un peu nazes (Contact, We Own the Night,
Tenacious D, The Informant!), d’autres meilleurs
(Barbarella, Youth Without Youth, Tropic Thunder,
Dodgeball, Looking for Eric) et même des films
super biens (Seven Pounds, Nick and Norah’s Infinite
Playlist, Carrie…)

et donc, parmi eux, Be Kind Rewind.
Le SUPER film que j’aurai raté sans un
ami Jeanphi qui a réussi à me convaincre
de le télé… de le louer.

Ben oui. Michel Gondry et moi, on n’était
pas en très bons termes.

Pourtant l’histoire avait
si bien commencé : notre Michel national rêvait
d’être peintre et inventeur (yay!), est passé par Olivier De Serres
avant de se lancer dans la réalisation de clips (Everloooonggg)
et d’atterrir dans le cinéma américain.

Après un premier film marrant-mais-sans-plus
(Human Nature), je suis tombé dans la Gondry-mania après avoir,
comme beaucoup d’autres, succombé au délicieux
The Eternal Sunshine of the Spotless Mind, qui
reste un de mes films préférés.
Ben oui maiiiis voila, quand on a fait un truc
aussi bien qu’Eternal Sunshine, dur dur de rebondir.
Et en l’occurrence, Gondry, au lieu de rebondir, s’est
enfoncé plus bas que terre en réalisant une des pires
daubes de l’humanité (le cinéma en tremble encore)…

Je ne veux pas revenir sur l’épisode Science des Rêves,
ça me rend encore malade rien que d’y penser.
Après ça, je me suis juré de ne plus dépenser 9euros
pour voir un Gondry au cinéma. A vrai dire, j’espérai
même  qu’on l’interdise de réaliser un nouveau film.
Une débâcle digne de Jospin 2002 et Domenech 2010.

Donc, tout ça pour dire que j’ai raté Be Kind Rewind ET
The Green Hornet au cinéma.
Et que sans l’avis avisé (ahah, avis avisé) de Jeanphi,
je n’aurai pas pris la peine de regarder Be Kind Rewind
et je serai passé à côté d’un excellent film.

Parce que oui, c’était fun, très drôle, et il y a une espèce de recherche
artistique vraiment très plaisante, vraiment très inspirée
dans ce film. J’y ai même vu un certain parallèle avec le
Salon de La Micro Edition de Bd auquel je suis allé le
même week-end.
A un moment donné, les gens sont à la recherche d’autre chose
qu’un Dvd lisse et propre. Il y a une sorte de recherche d’ »autre chose »,
d’une alternative au blockbuster américain sous blister;
de quelque chose de plus « manufacturé maison »:
de plus Suedé, en somme !

Jack Black, Mos Def et Melonie Diaz s’amusent,
amusent Mia Farrow, Danny Glover et toute la
bande d’acteurs amateurs réunis par Gondry,
et, au final, ils nous amusent, nous, téléspectateurs.
La mayonnaise prend. Gondry, encore un point
pour toi. Touché mais pas coulé ! Je n’irai toujours
plus voir tes films au cinoche (on ne sait jamais), mais
je te promets de télé… de LOUER The Green Hornet dès
que le Dvd (oui, malgré tout, c’est encore de
la meilleure cam que la VHS et la Betamax ) sera sorti.

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Rosemary’s Baby

Parfois, me documenter pour mieux construire mes bande-dessinées
m’amène à visionner des films. Ayant expliqué le scénario du tome 2
de Succube à Maureen, celle-ci me conseilla de regarder Rosemary’s Baby,
qui collait apparement assez bien au sujet.

Hier matin, j’ai donc regardé le petit bijou de Polanski.
Rosemary’s Baby est une vraie perle, Polanski fait grimper la tension
du début à la fin, chaque scène amenant inévitablement
vers la suivante, chaque dialogue amenant inévitablement à au final
attendu mais ô combien redouté.
Ce film colle parfaitement avec l’esprit que j’essaye d’insufler à Succube :
une histoire ésotérique où se mêlent sorcellerie et rites sataniques
(là où ils ne sont pas censés se trouver : en face de chez vous,
à deux pas de votre porte… surveillez même vos voisins !),
une jeune femme mal dans ses pompes, une sorte d’humour noir,
grinçant et une progéniture démoniaque.
Si vous ajoutez à cela qu’il y a des anagrammes, des passages secrets,
des vieux livres de magies poussiéreux, un talisman étrange,
une sorte de chant glauque à souhait et une petite blondinette (Mia Farrow)
naïve (on a souvent envie de la secouer) mais touchante (la pauvre,
elle ne se plaint presque pas de son sort), vous comprendrez
aisément que Polanski a réussi là un grand, un TRES grand film.
Dans un sens, c’est presque rageant de se dire que (presque) tout
ce que j’essaye de raconter avec Succube, Polanski l’a
déjà fait avec Rosemary’s Baby…
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