Il y a bon nombre de peintres qui m’émeuvent, dont j’adore le travail et que j’adule, et puis il y a Turner.
Turner et ses feux. Le feu dans le travail de Turner.
Moonlight, Peace-Burial at Sea, Brennendes Schiff, Snowstorm…
et encore beaucoup d’autres (il y en a une belle galerie ici) de ses oeuvres me foutent sur les fesses.
J’ai des goûts très éclectiques, j’aime beaucoup de tableaux et d’installations d’à peu près toutes les périodes.
En matière d’art, je suis très souvent sacrément bon public.
Mais j’avoue que j’ai une forte attirance pour ces grands tableaux explosifs, qui vous prennent aux tripes, qui vous dévorent.
Turner, ça me submerge
.

Il y a de ces tableaux qui changent le visage de l’art, qui vous attrapent, qui arrivent à vous faire retourner en enfance, vous font entrapercevoir l’avenir, juste le temps d’un sentiment, d’une émotion, d’un ressenti.
Pluie Vapeur Vitesse, c’est ce tableau.
Inspirant ses contemporains et influençant, que dis-je, insufflant l’impressionnisme, Pluie Vapeur Vitesse est une continuelle source d’inspiration, même à notre époque (pour ceux qui ont vu la fin d’Haibane Renmei, où le clin d’oeil est plus que flagrant (et magnifique)).

J’ai feuilleté à l’Atelier Arbitraire un livre qui comparait les auteurs de Bd à des mouvements picturaux.
(On y retrouvait entre autre Blutch classé comme impressionniste de la Bd… marrant, hein)
Lorsque je vois l’évolution de la Bd depuis une cinquantaine d’années, je comprends que, même si comparer la peinture et la Bd est assez réducteur, on peux vraiment parler de différents mouvements de la Bd.
En regardant les productions des différents membres de l’atelier, je comprends, non, je ressens l’assimilation et la recherche de nouveauté, tendre à un nouveau visage de la Bd, comme l’on fait en leur temps tant d’auteurs.
Ouais, la Bd, c’est aussi vaste que la peinture. Il y en a pour tous les goûts.
Reste à savoir où est-ce que j’ai envie de me placer dans tout ça.
Je ne peux nier mon attirance pour la beauté esthétique, et en même temps les meilleures Bd que je lis sont la plupart du temps celles que les gens trouvent « mal dessinées »…
J’ai toujours le chic pour me retrouver le cul entre deux chaises, hein.

J’ai dit que la Bd ressemblait parfois à la peinture, je trouve que par certains aspects elle ressemble aussi beaucoup à la musique ou au cinéma.
Comme eux, la bande-dessinée est coincée entre le bon et le commercial.
Un immense pan de la Bd n’est pas connue du grand public, qui lui préféreras toujours les bonnes vieilles daubes parodiques.
Ainsi, des titres dégueulasses comme Sarkozix, les Blondes ou une pléthore de mangas nullasses trouveront toujours leur public, tout comme Diam’s, Christophe Maé, Street Dance et Camping 2.
Là où la différence se fait, c’est que la Bd est bien moins accessible que la musique et le cinéma.
Ainsi, même s’ils n’ont pas/ ou ne bénéficieront pas d’une publicité aussi importante qu’Amel Bent ou Justin Timberlake, il y a quand même un grand nombre de gens qui connaissent les Black Lips, Gallows ou les Bloody Beetroots.
La Bd, elle, n’est pas internationale, et ne bénéficie pas d’une publicité importante, et du coup, des milliers d’auteurs ultra talentueux ne sont pas reconnus à leur juste valeur…
Allez demander dans la rue à 100 personnes si elles connaissent Boris Bukulin ou Ruppert & Mulot, juste pour voir…
Bon, je me perds un peu.
J’ai réussi à passer de William Turner à Street Dance, et
ça, c’est le signe qu’il faut s’arrêter pour ce soir.
Mais je reviendrai. Oui. Je reviens toujours.
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