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Lunar Park

Pas dans le plus pur style Ellisien (certains
lui préféreront sans doute American Psycho
ou Less Than Zero…), mais terriblement efficace.

Envoûtant, grinçant, passionnant d’un bout à l’autre,
Lunar Park est un pur chef-d’oeuvre d’épouvante.

Ellis y invente un héros d’un genre nouveau, le pathétique-chic.
Amis qui vous enivrez plus que de raison, qui vous shootez
à la coke, à la marijane et/ou aux amphèt’, ne craignez plus
les lendemains difficiles, les phrases regrettables, le dégoût
dans les yeux d’autrui et ce pathétisme récurrent qui fait
de vous le trublion, l’alcoolique de la bande. Non !
Car Ellis vient de vous (de nous?) sauver la mise, en se réinventant lui-même
en espèce de James Bond de la picole, replongeant dans la drogue et
les excès de manière quasi-chevaleresque, multipliant les mauvais choix,
entamant une lutte contre son père mort, son héros de roman devenu vivant,
une peluche pour enfant aux dents longues, sa maison qui pourrit et
une boule de poils visqueuse et démoniaque.

Ellis a écrit là un roman-entonnoir excellemment bien ficelé.
Il nous jette au fin fond d’une cuvette de chiotte et tire la chasse :
le tourbillon nous emporte, le siphon nous aspire, on boit la tasse, enveloppés
par une flopée de mystères et de révélations  et on essaye de s’extirper haletant de
l’angoisse qui nous tire vers le fond, mais rien n’y fait, on s’engouffre déjà dans ce
siphon sordide de 400 pages qu’on absorbe d’une traite, et dont on ne ressort
plus vraiment comme avant.

Fausse autobio sûrement, véritable produit marketing blockbusterisé
peut-être, Lunar Park n’en reste pas moins l’un des meilleurs bouquins que j’ai
lu cette année. Et pendant que j’y pense, merci aussi aux éditions 10/18,
parce qu’en plus d’être intéressant le livre est beau.

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KANIBALIZM

J’ai envie de manger
de l’humain…

…et de lire les Bret Easton Ellis
et Ryu Murakami qui me manquent.

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