1. Portrait d’Irène Némirovsky

     

  2. Hyperion
    de Dan Simmons

    "Le langage sert non seulement à exprimer la pensée, mais
    à rendre possibles des pensées qui ne pourraient exister sans lui.”
    C’est là que se trouve l’essence du génie créatif de l’humanité, et 
    non dans les grands édifices de la civilisation ni dans les armes 
    flash-bang qui peuvent y mettre fin. Oui, notre ADN est unique, 
    mais celui d’une salamandre ne l’est pas moins. Oui, nous construisons
    des artefacts, mais c’est aussi le propre de nombreuses espèces allant
    du castor à la fourmi. Oui, nous tissons des objets réels à partir du fil 
    de l’étoffe dont sont faits les rêves mathématiques, mais l’univers est
    câblé d’arithmétique. Tracez un cercle, et π surgit. Entrez dans un
    nouveau système solaire, et les formules de Tycho Brahe vous
    attendent, tapies sous la cape de velours noir de l’espace-temps.
    Même les traces de vie intelligente que nous avons découvertes nous
    ont laissé des mystères à étudier, ainsi que d’obscurs artefacts, mais
    pas de langage, pas le moindre mot. (…)
     Au commencement, voyez-vous, était le Verbe. Et le Verbe prit
    consistance de chair dans la trame de l’univers humain. (…)
    J’essayais de mon mieux d’expliquer ces choses 
    à mes amis d’Heaven’s Gate.
    -Cul baiser foufoune pipi caca cul. Enfoiré !
    Ils secouaient la tête en souriant, et finissaient par s’éloigner.
    Les grands poètes sont rarement compris par leurs contemporains.

     

  3. London Orbital 
    de Iain Sinclair

    "Sinclair tourne autour de Londres en marchant le long du périphérique
    M25, qui ceint la capitale britannique. Il décrit les parkings, les stations
    service, les supermarchés et les banlieues-dortoirs, mais aussi les
    champs et les décharges, cherchant les traces de présences disparues
    et de cultes anciens, de lieux qui ouvrent sur d’autres lieux. Sa méthode
    est toujours la même : cerner le réel et réduire la focale jusqu’à ce que
    des formes nouvelles apparaissent.”
    -Résumé des Editions Inculte.

    Extraits choisis : 
    Chorography, not topography. Paul Devereux, in his book Re-Visioning the
    Earth, makes that distinction. The ancient Greeks, he tells us, “had 
    two
    senses of place, chora and topos”. Quoting Eugene Victor Walter,
    Devereux sees spiritual tourism as “a complex but organic mode of active
    observation”. This was Renchi’s methodology, arrived at after 
    many
    years of trial and error, false starts. The chorographer was hungry 
    for
    place : ”place as expressively potent, place as experience, place as a
    trigger to memory, imagination and mythic presence”.

    Ballard, when I interviewed him in Shepherd’s Bush, spoke of a malaise,
    the death of affect. “Rather than fearing alienation, he said, people
    should embrace it. It may be the doorway to something more interesting.
    That’s the message of my fiction. We need to explore total alienation
    and find what lies beyond. The secret module that underpins who we are
    and our imaginative remaking of ourselves that we all embrace.”
    - JG Ballard à Iain Sinclair, à propos de Crash

     

     

  4. Final Fantasy 
    (ファイナルファンタジー)

     

  5. Les Deux Soeurs 
    Encore une histoire tirée
    d’un cauchemar pas très lointain.

    Comme la précédente, vous pouvez lire cette
    bande dessinée en haute définition en cliquant ici.

     

  6. Les Trois Parques
    Retranscription dessinée
    d’un récent cauchemar

    Vous pouvez lire cette bande dessinée
    en haute définition en cliquant ici

     

  7. In The Miso Soup
    (イン ザ・ミソスープ) 
    de Ryû Murakami 

    Je l’ai lu il y a quelques années. Depuis, je me suis procuré
    la plupart de ses livres traduits, mais Miso Soup reste un de
    mes petits préférés. 

    "J’écrivais Miso Soup et j’en étais à l’épisode du massacre dans 
    le club de rencontres de Kabukichô, lorsqu’a éclaté l’affaire de 
    l’arrondissement Sumaru de Kobe (la tête mutilée d’un écolier fut
    découverte fichée sur la grille d’entrée d’un collège)

    Imagination et réalité se sont livré bataille en moi tandis que j’écrivais
    la fin du roman. Depuis vingt-deux ans que j’écris des romans, c’était 
    la première fois que cela m’arrivait. J’ai trouvé cela triste et déplaisant,
    mais pas parce que je pensais que la réalité dépassait la fiction. Je n’ai
    pas ce fantasme du roman qui surpasserait la réalité, et je ne crois pas 
    non plus que les romans prédisent l’avenir. 
    Longtemps après que le
    système de “cicatrisation” collectif a cessé de fonctionner, les consciences
    individuelles continuent à hurler en silence. Si la mission de la littérature
    est 
    de traduire ces cris-là je dois m’attendre à ce que mon imagination
    subisse 
    de nouvelles épreuves.

    Cependant ce n’est pas là l’unique raison de ma lassitude et de mon dégoût.
    Le fait est que j’ai beau écrire roman sur roman, je n’arrive pas à suivre la
    réalité de l’effondrement de la société japonaise. Dans la post-face de Piercing,
    j’avais déjà écrit: “le roman est une traduction”. La littérature consiste à
    traduire les cris et les chuchotements de ceux qui suffoquent, privés de mots.
    Mais l’effondrement de la société ces dernières années est par trop frappant;
    qui plus est, immanquablement drapé dans de “fâcheux incidents”, il se situe
    à un niveau extrêmement bas, sans rapport aucun avec la religion, la pensée,
    la philosophie ou l’histoire de notre pays.”

    Ryû Murakami