Il y a deux trucs immuables à tous les être humains :
on a tous quelque chose en nous de Tennessee, et on a tous
aimé un film de Tim Burton. Et ouais. Si la tendance actuelle est de
dire « Ouais Burton c’est nul, c’est toujours pareil », il fut une époque
où tous, nous bavions d’amour devant un (ou même plusieurs) de
ses films (si si, même toi le type du fond, là). Ce pouvait être Beetlejuice
ou Edward Scissorhands (pour les moins originaux), Sleepy Hollow,
Big Fish, Batman Returns, Mars Attacks ou encore Ed Wood
(pour ceux qui se voulaient « plus initiés »)
Note 1 : ceux qui pensent que j’oublie
The Nightmare Before Christmas (L’Etrange Noël de Mr Jack)
sont des noobs : ça n’a jamais été un film de Tim Burton
Note 2 : Oui vous l’aurez compris, si votre film préféré de Tim B n’est
pas dans la liste ci-dessus, c’est que vous avez des goûts douteux.
Note 3 : la note n°2 est pure plaisanterie (à part si le film que vous
aimez est Sweeney Todd)
Vous l’aurez compris, Sleepy Hollow c’est mon pêché mignon Burtonien.
Malgré le côté grand spectacle et l’aspect décalé, c’est le long-métrage le plus
glauque et le plus austère du réalisateur. Ici, point de couleurs acidulées,
de créatures improbables et d’effets spéciaux en carton-pâte, juste de vieux américains
crasseux, une petite bourgade brumeuse et surtout, surtout, une putain d’ambiance
horrifique et gothique prenante et jamais de mauvais goût.
Côté casting, rien à redire : on retrouve Johnny Depp (évidemment), à l’époque
où il n’était pas encore énervant, Michael Gambon et Christina Ricci aux avant-postes,
mais c’est du côté des seconds couteaux qu’on trouve les plus belles performances :
Miranda Richardson et Christopher Walken sont tout bonnement fantastiques,
presque « habités ».
Pareil que pour Gangs Of New-York, j’ai découvert ce film tardivement
(en allant voir une rediffusion au cinoche avec ma classe de seconde)
mais ce fut une véritable révélation, et ça m’a énormément influencé
(que ce soit en littérature, au cinoche ou même dans mes dessins, il y a
eu un avant et un après Sleepy Hollow, oui oui oui)
A la base c’est une nouvelle de l’écrivain américain Washington Irving
et ce n’est pas vraiment une adaptation fidèle (en fait c’est même peu dire tant
les deux n’ont rien à voir dans les thèmes qu’ils emploient).
Ce qui est marrant, c’est l’histoire de la création de ce film. Pour la faire brève,
à la base c’est un maquilleur qui voulait adapter la nouvelle d’Irving en un pauvre
slasher du dimanche, il présente son projet à la Paramount qui dit »non, mais
attend on va trouver un type qui va le faire bien », hop Burton se voit confier le projet,
on lui dit « prend Daniel Day-Lewis ou Brad Pitt pour faire le héros » il dit « non, je
prend Johnny Depp et tous mes potes » . Depp accepte mais dit « ouais
mais alors je veux ressembler au personnage du livre : tout moche avec un grand
nez et des grandes oreilles » on lui dit « non, mais à la place tu seras putain d’efféminé »
ensuite Burton veut faire le film en noir et blanc mais c’est infaisable alors il tourne
avec un effet monochrome ensuite on lui dit « ouais mec t’as un budget de ouf pour
des effets spéciaux à l’ordi et tout » mais Tim dit « non mais on va tout faire en vrai, vrai
décors et tout, t’inquiètes mec ça va claquer »
Au final, je trouve ça vraiment drôle que cet amas de contraintes, de contretemps
et de refus ait donné naissance à un film si abouti et si fabuleux.
Je l’ai vu une bonne dizaine de fois, je ne m’en lasse toujours pas.
(comme d’hab avec la nouvelle formule : un clic sur l’image
couleur pour l’avoir en haute def, un clic sur le dessin noir et blanc
pour voir le trailer)













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