
J’ai toujours eu une affection particulière pour les oeuvres dystopiques,
sous quelque forme que ce soit. C’est un genre qui me plait, il faut croire.
Je suis évidemment un fan de la première heure du 1984 d’Orwell, j’ai bavé
antérieurement quelques lignes sur ce magnifique roman, ici même sur ce blog.
Je suis aussi un grand admirateur de Terry Gilliam, j’ai (presque) vu et (presque)
aimé tous ses films. Affection sans nulle doute due au visionnage de Lost In La Mancha
qui contribua grandement à me faire aimer le personnage. Ouais, Gilliam, c’est un grand.
Un grand monsieur. Un type presque héroïque. Le symbole de tout un cinéma.
Le résultat de l’équation est fort simple : Oeuvre dystopique + Terry Gilliam = Brazil
Tourné en 1984 (Ah ! Ca ne s’invente pas, des coïncidences comme ça),
le chef-d’oeuvre de notre bon Terry a failli ne jamais voir le jour(un peu comme tous ses
films, en somme), étouffé par la société de production en charge (en l’occurrence
Universal) qui voulait changer la fin du film et opter pour un happy ending
basique façon film hollywoodien-pâté-pour-chien. Au final, en farfouillant chez
votre vendeur de Dvd ou sur votre site peer-to-peer favori, vous pourrez trouver
trois versions du film : la nulle d’Universal, la bizarre version américaine (nous
l’appellerons « version alternative ») et la version finale, dite « européenne », qui
est fort heureusement la plus répandue.

Ca fait l’effet d’une grosse tarte dans la gueule, Brazil. Il faut dire que Gilliam
l’a bichonné, s’est battu pour lui, a sué sang et eau pour parvenir à cette perle
incontestable et incontestée, icône du cinéma libre, mise en abyme étincelante
de la liberté d’expression et hommage magnifique aux plus grands
réalisateurs et auteurs de l’histoire, d’Orwell à Kafka,
de Fritz Lang à Eisenstein, d’Hitchcock à Stanley Kubrick.
Vous l’aurez compris, Brazil, pertinent et cynique jusque dans son titre,
c’est du solide. Un diamant brut et brutal, composé presque uniquement de
scènes mémorables (la disparition de Harry Tuttle dans les journaux : cultissime).
Comique, grinçant, absurde et lugubre, le film alterne les genres avec brio et fournit
un large panel d’émotion à notre petite cervelle deux heures durant.
Un de ses films qui font du cinéma un art à part entière. Grand.
D’ailleurs, si vous ne l’avez pas vu, je ne comprends même pas que vous
perdiez encore du temps devant ce blog, vous devriez être en train de
courir à la boutique de Dvd. Quoi qu’il en soit, vous savez quoi regarder ce soir !







