Avec tous ce monde qui s’écrie que,
finalement, ce n’est « pas si mauvais que ça »,
j’avais VRAIMENT envie de les voir,
ces Hunger Games.

Et bah, le film est une belle repompe de Battle Royale, en plus mauvais.
Là où Battle Royale trouve justement sa force dans sa gratuité, et dresse une
belle critique de notre société par la violence – toujours la violence – toujours plus
exarcerbée, The Hunger Games se noie dans un flots d’explications sur le pourquoi
du comment de la morale et patati, patata, en fait des caisses pour tenter
de faire passer un message qu’on avait déjà saisi avant même de regarder le film.
On la voit venir à dix mille, cette révolte du petit peuple contre cette société hyper
métrosexualisée et décadente, avec son esthétique et sa vision du futur
façon vieux film de Sf pessimiste.
Encore une fois, là où Battle Royale prêchait le hasard et la survie pour revenir
aux pulsions premières de l’animal qui sommeille en chacun de nous (si si !),
The Hunger Games écrase ce principe en plaçant les combattants dans un
univers virtuel où ils sont dirigés et aidés, et où les pièges sont placés en temps réel.
Toute action du jeu, toute rencontre est donc décidée à l’avance,
aucune place n’est laissée au libre arbitre des concurrents.
Alors oui, du coup, on se rapproche plus d’un Truman Show, mais à force de
vouloir se la jouer show télévisé, on finit par se lasser et se désintéresser
du sort des personnages. « C’est presque un film dans un film ! » : on n’y croit plus.
En plus de ça, le côté ricain/gentillet/blockbuster pour pré-ado oblige la nana
à ne tuer personne, ou alors par un intermédiaire, ou alors pour abréger des souffrances,
c’est gnan-gnan à n’en plus finir. On a envie de voir ce que c’est, les Hunger Games,
de se plonger au coeur de la joute et d’apprécier le spectacle ! Au lieu de cela, on restera
cantonné à observer des arbres, lieux dans lesquels l’héroïne passe le plus clair de
son temps. On atteint le point guimauve de non-retour avec l’histoire d’amour entre
Katniss et Peeta, d’une platitude absolue (pauvre Josh Hutcherson, je le plains :
Peeta est le perso le plus chiant jamais créé, une vraie pleureuse) avec
quelques accents Twilight franchement déplaisants.
Et pourtant, ça commence bien : une première demi-heure ultra convaincante, filmée
caméra à l’épaule, ça bouge dans tous les sens, Jennifer Lawrence nous joue un remake
de Winter’s Bone façon dystopie/post-apo, les plans sont géniaux et les personnages
attachants. Vraiment une bonne première partie de film, du genre qui te fait acheter
le Dvd juste pour cette première demi-heure tu sais (Je n’ai pas compris pourquoi
ensuite on retourne aux codes ennuyeux du néo-blockbuster asceptisé) !
Et puis le casting envoie vraiment du lourd : Jennifer Lawrence (qui ne me quitte plus
en ce moment, entre X-Men, The Beaver et Winter’s Bone), 21ans et propulsée
« plus grand espoir du cinéma américain », endosse parfaitement le costume de
leading actress et sert une prestation sensationnelle (j’étais presque amoureux de
Katniss à la fin du film - pauvre bout-de-chou). Avec ça, rien de moins que
Stanley Tucci, Elizabeth Banks, Woody Harrelson et Lenny Kravitz (dans le rôle d’un
styliste homosexuel qui lui va comme un gant). Et puis, bien évidemment,
il y a Isabelle Furhman, qui fut autrefois notre pire cauchemar en incarnant
Esther, et qui campe ici le rôle d’une sacré pourriture (encore une fois)
pour mon plus grand plaisir.
Alors bon, il parait qu’il va y avoir trois autres films, j’attendrais donc la
suite pour me faire une idée plus précise… Et puis il y a Jennifer Lawrence !
Aah, Jennifer… Alors on va prendre sa place et s’asseoir timidement dans
la rangée du milieu, poser ses fesses pendant plus de deux heures trente
sur un siège en moquette rouge, pour voir Jennifer Lawrence, et pouvoir faire la
discussion avec ses collègues de boulot le lendemain. Quand ils diront
« alors t’as vu Hunger Games ? » on dira oui, on dira même que « c’était génial ! »,
histoire de faire comme tout le monde, et on regardera son portefeuille,
et on se dira qu’on aurait pu faire pleins d’autres choses, avec ce billet de 10euros.
(PS : je sens qu’on va me dire « mais nan ! Faut que tu lises
les livres, tu comprendras tous les aboutissants et tu verras que
l’univers foisonne de détails et diffère largement de Battle Royale ! ».
Je vous crois, hein, mais je n’ai pas lu les bouquins. Mon avis
est simplement basé sur ce que le film donne à voir.)
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