Archive de l'Auteur

スラムダンク /Slam Dunk

Je n’ai pas souvent l’occasion de lire des mangas, et
encore moins souvent l’occasion d’en lire de si bons.

Slam Dunk c’est vraiment LE manga de ma période
collège/lycée, je me rappelle des fous rires  que je me suis tapé
avec Opreem l’opprimé et des innombrables répliques cultes
contenues dans les 31 tomes de la série. Je viens de relire l’intégrale
en une semaine, c’est tellement addictif qu’une fois plongé dans
la lecture il faut batailler avec soi-même pour pouvoir s’arrêter.
(je ne sais pas comment je faisais à l’époque pour patienter
durant la parution d’un volume à l’autre (TROIS longs mois))

Slam Dunk c’est un mélange entre un poil de baston, beaucoup de basket
et énormément d’humour, avec des personnages hauts en couleurs comprenant
bien évidemment Sakuragi, le bonze roux, le roi du rebond, auto-proclamé
génie du basketball et qui, à force d’y croire, finirait presque par le devenir.

L’histoire d’un type qui se lance dans le sport pour plaire à une fille
et qui finit par y prendre goût. Finalement, le basket sauve
Sakuragi de la noyade sociale (mais non, non,  je ne fais pas
référence à une célèbre Bd sur la piscine) C’est beaucoup plus
fin et complexe que ça en a l’air de prime abord.

Takehiko Inoue est un des mangakas les plus talentueux
de son temps : ses dessins sont magnifiques et ses histoires
me prennent toujours aux tripes. Tous ceux qui auront lu les
séries Slam Dunk, Real ou Vagabond en témoigneront.
Cette dernière est une adaptation libre de la saga Musashi
(La Pierre et le Sabre, La Paraite Lumière…) d’Eiji Yoshikawa,
sur laquelle travaille Inoue depuis 1998. Je ne peux que vous
la conseiller également, la mise en scène et le merveilleux trait
d’Inoue y sont à leur paroxysme.

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Lethal Gang Bang

Parce qu’après avoir été mielleux avec Titanic,
il me faut reprendre le chemin des brutes.

Alors oui, juste une illustration, sans aucune explication.
Mais j’y trouve de moins en moins d’intérêt.
Je deviens vieux. Et con.

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T I T A N I C

 

C’est peut-être le jour où vous vous direz une bonne fois pour toute que je suis un sot,
et que je manque cruellement de goût. Si ce jour est arrivé, et bien soit !
Je suis un crétin qui aime Titanic.

J’ai lu sur le blog de Cha une note sur X-Files qui se
finissait à peu de chose près comme ça :  je m’en branle de vos nouvelles
séries de merde…j’aime les trucs qui me rappellent ma jeunesse. Je la rejoins
un peu sur ce point. J’ai beau prétendre n’aimer que la nouveauté, je suis
horriblement nostalgique de ma jeunesse. Quand on est môme, on a cette capacité
à sublimer ce qu’on aime au point de le rendre culte. Peut-être que pour certains,
ces souvenirs s’estompent avec le temps. Moi, je n’ai presque pas de souvenirs de ce que
j’ai fait gamin, même ado, j’oublie très vite, mais le souvenir d’une chanson, d’un film,
ou d’un livre reste exactement le même année après année. C’est pour ça qu’ X-Files est
ma série préférée, que Titanic et Chihiro me bouleversent tant, et c’est sans doute aussi
pour ça (malheureusement pour oim) que je ne pourrais jamais plus éprouver autant
de passion à l’égard d’un film… j’ai trop grandi. Je vois maintenant les ficelles faciles,
les codes préchauffés du genre, la soupe fadasse souvent servie. Une espèce de bulle
se forme et m’empêche de regarder objectivement tous ces trucs de mon passé…
Je rencontre beaucoup de gens pour qui ce n’est pas le cas. L’âge adulte leur a non
seulement ôté leur vision d’enfant, mais aussi les sensations qu’ils ont éprouvées
lorsqu’ils étaient gamins. Aussi, si c’est votre cas, vous demeurerez
complètement étranger au concept que je vais essayer
(tant bien que mal) d’expliquer.

Quand je regarde Titanic, je ne regarde plus un film.
J’ai un accès direct à plusieurs époques de ma vie.
Une machine à remonter le temps, en somme.
Des dizaines de souvenirs refont surface, issus d’époques
différentes de ma vie, liés à un nouveau visionnage du film.

A dix ans,  je ris devant la fin du film (vous savez, quand la vieille meurt).
Ma mère, excédée, me fout une torgnole en pleine poire devant la salle entière.
(Carole, Nath, vous étiez là, je suis sûr que ça vous fait encore rire aujourd’hui)

A seize ans, au lycée, on a un jeu, une sorte de fil rouge qui consiste à citer le plus
grand nombre de répliques issues de Titanic. Il s’agit de la placer au bon moment et dans
un contexte qui s’y adapte. Mon coloc est sacrément balèze dans cette discipline (oui,
il se reconnaitra), et coiffe au poteau mes plus jolis phrasés (et notamment un
« je crois maintenant que ce paquebot peut couler » en faisant rouler un
stick UHU sur une table inclinée)

A vingt ans, j’ai la chance de rencontrer une encore plus grande nerd de Titanic
que moi (ce que je ne pensais pas possible), Maureen, capable de réciter chaque
réplique par coeur (ET en langue originale s’il vous plait !).
Cette passion commune nous poussa, l’an dernier, à voyager jusqu’à Londres pour
assister à l’exposition Titanic Artefact Exhibition au O². Nous pouvons maintenant
nous targuer, entre autres, d’avoir touché un véritable morceau de la coque du bateau
(je crois que c’est un des trucs dont je suis le plus fier au monde
- vous avez dit pathétique ?)

A vingt et un an, je grave d’une croix sur ma mappemonde le lieu exact
où le Titanic sombra, à 650 km de Terre-Neuve, où il repose encore.
J’ai encore tout un tas de réminiscences nazes de cet acabit,
je vous les épargnerai.

Tous les gros nerds de Titanic, Mau, Yannouz, Alex, Anne-Ju,
Mel, PaMing, tous ceux que j’oublie, tout ceux qui kiffent le film mais
qui n’assument pas (et vous êtes nombreux), toutes celles qui ont
eu un poster de DiCap sur le mur et tous ceux qui ont acheté la
réplique du Coeur de L’océan pour 20 Francs chez Bimba,
tous ceux-là pigeront.

Je ne peux pas non plus m’empêcher de parler des acteurs.
Vous savez ma grande admiration pour Winslet et DiCap. Etonnament, c’est dans
ce film que je les trouve le moins impressionants. Comme le bon vin, ils s’améliorent
en vieillissant. Kate, 22ans, pouponne, n’a pas encore l’envergure et la classe de la femme
qu’elle est aujourd’hui, à tel point que souvent, je n’arrive pas à associer les deux,
à me dire que l’actrice de Revolutionnary Road et celle de Titanic sont une seule
et même personne. Leo, 23ans, est encore ce petit minet teenage au visage angélique
qui agace tant. Loin, très loin des héros torturés des films de Scorsese.
Dorénavant plus gras, moins beau, il a gagné en maturité et « musclé son jeu »,
comme dirait Aimé Jacquet. J’ai lu il y a quelques temps un article à
ce sujet (à propos du film J.Edgar) que je trouve intéressant de partager :
« Di Caprio va à contre-sens du culte hollywoodien d’une jeunesse éternelle factice. (…)
Il s’extrait de lui-même, s’extirpe de sa propre peau, rajoute des montagnes de latex sur
son ventre,
 des kilos de prothèses faciales sur son visage, comme si son image filmée
devait devenir le réceptacle de sa face sombre et de celle de son pays,
un portrait de Dorian Gray de l’Amérique elle-même. (…) ». 
Classe.
Bien évidemment, et même s’ils n’excellent pas autant que maintenant,
Kate et Leo sont déjà à l’époque en train de tracer leur chemin, de marquer
d’une pierre blanche l’histoire du cinéma. Un tournage éprouvant et
un ras-de-marée médiatique leur conférera un amour quasi fraternel.
Difficile de tenir la barre lorsqu’on a à peine la vingtaine, hein.

Vous l’aurez compris, je vais retourner voir Titanic
au cinéma. Pour la quatrième fois de ma vie.
Voir au-delà de son statut de blockbuster, au delà de ses
innombrables records, de sa chanson kitsch et de la
DiCaprio mania. Il faut revenir au néant.
Aucune idée préconçue. Redécouvrir Titanic au cinoche,
et le regarder comme si c’était la première fois…
Il faudrait que j’écrive une lettre bien fondée à la
White Star à propos de tout ça…

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The Hunger Games

 

Avec tous ce monde qui s’écrie que,
finalement, ce n’est « pas si mauvais que ça »,
j’avais VRAIMENT envie de les voir,
ces Hunger Games.

Et bah, le film est une belle repompe de Battle Royale, en plus mauvais.
Là où Battle Royale trouve justement sa force dans sa gratuité, et dresse une
belle critique de notre société par la violence – toujours la violence – toujours plus
exarcerbée, The Hunger Games se noie dans un flots d’explications sur le pourquoi
du comment de la morale et patati, patata, en fait des caisses pour tenter
de faire passer un message qu’on avait déjà saisi avant même de regarder le film.
On la voit venir à dix mille, cette révolte du petit peuple contre cette société hyper
métrosexualisée et décadente, avec son esthétique et sa vision du futur
façon vieux film de Sf pessimiste.

Encore une fois, là où Battle Royale prêchait le hasard et la survie pour revenir
aux pulsions premières de l’animal qui sommeille en chacun de nous (si si !),
The Hunger Games écrase ce principe en plaçant les combattants dans un
univers virtuel où ils sont dirigés et aidés, et où les pièges sont placés en temps réel.
Toute action du jeu, toute rencontre est donc décidée à l’avance,
aucune place n’est laissée au libre arbitre des concurrents.

Alors oui, du coup, on se rapproche plus d’un Truman Show, mais à force de
vouloir se la jouer show télévisé, on finit par se lasser et se désintéresser
du sort des personnages. « C’est presque un film dans un film ! » : on n’y croit plus.
En plus de ça, le côté ricain/gentillet/blockbuster pour pré-ado oblige la nana
à ne tuer personne, ou alors par un intermédiaire, ou alors pour abréger des souffrances,
c’est gnan-gnan à n’en plus finir. On a envie de voir ce que c’est, les Hunger Games,
de se plonger au coeur de la joute et d’apprécier le spectacle ! Au lieu de cela, on restera
cantonné à observer des arbres, lieux dans lesquels l’héroïne passe le plus clair de
son temps. On atteint le point guimauve de non-retour avec l’histoire d’amour entre
Katniss et Peeta, d’une platitude absolue (pauvre Josh Hutcherson, je le plains :
Peeta est le perso le plus chiant jamais créé, une vraie pleureuse) avec
quelques accents Twilight franchement déplaisants.

Et pourtant, ça commence bien : une première demi-heure ultra convaincante, filmée
caméra à l’épaule, ça bouge dans tous les sens, Jennifer Lawrence nous joue un remake
de Winter’s Bone façon dystopie/post-apo, les plans sont géniaux et les personnages
attachants. Vraiment une bonne première partie de film, du genre qui te fait acheter
le Dvd juste pour cette première demi-heure tu sais (Je n’ai pas compris pourquoi
ensuite on retourne aux codes ennuyeux du néo-blockbuster asceptisé) !

Et puis le casting envoie vraiment du lourd : Jennifer Lawrence (qui ne me quitte plus
en ce moment, entre X-Men, The Beaver et Winter’s Bone), 21ans et propulsée
« plus grand  espoir du cinéma américain », endosse parfaitement le costume de
leading actress et sert une prestation sensationnelle (j’étais presque amoureux de
Katniss à la fin du film - pauvre bout-de-chou). Avec ça, rien de moins que
Stanley Tucci, Elizabeth Banks, Woody Harrelson et Lenny Kravitz (dans le rôle d’un
styliste homosexuel qui lui va comme un gant). Et puis, bien évidemment,
il y a Isabelle Furhman, qui fut autrefois notre pire cauchemar en incarnant
Esther, et qui campe ici le rôle d’une sacré pourriture (encore une fois)
pour mon plus grand plaisir.

Alors bon, il parait qu’il va y avoir trois autres films, j’attendrais donc la
suite pour me faire une idée plus précise… Et puis il y a Jennifer Lawrence !
Aah, Jennifer… Alors on va prendre sa place et s’asseoir timidement dans
la rangée du milieu, poser ses fesses pendant plus de deux heures trente
sur un siège en moquette rouge, pour voir Jennifer Lawrence, et pouvoir faire la
discussion avec ses collègues de boulot le lendemain. Quand ils diront
« alors t’as vu Hunger Games ? » on dira oui, on dira même que « c’était génial ! »,
histoire de faire comme tout le monde, et on regardera son portefeuille,
et on se dira qu’on aurait pu faire pleins d’autres choses, avec ce billet de 10euros.

(PS : je sens qu’on va me dire « mais nan ! Faut que tu lises
les livres, tu comprendras tous les aboutissants et tu verras que
l’univers foisonne de détails et diffère largement de Battle Royale ! ».
Je vous crois,
hein, mais je n’ai pas lu les bouquins. Mon avis
est simplement basé sur ce que le film donne à voir.)

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Le Bruit des Glaçons

Il y en a qui n’ont pas aimé le Bruit des Glaçons. Bon.
Perso, je m’en suis délecté du début à la fin.
Une petite perle d’humour noir.

C’est super théâtral, les répliques sont complètement surjouées,
ça pousse des jurons à n’en plus finir, c’est cynique à souhait,
en bref : c’est drôle, les acteurs sont dans leur élément (Duja
impeccable, Dupontel fidèle à lui-même et Anne Alvaro supra
touchante), on en redemande ! Surtout que le postulat de base
(en soi excellent) laisse très rapidement la place à une intrigue
plus complexe et plus profonde qu’elle n’en a l’air.

Blier s’en prend allègrement à cette vieille institution moribonde
qu’est l’Académie française (avec plus ou moins de finesse) ainsi
qu’au Goncourt, et, même s’il ne fait qu’enfoncer des portes
ouvertes, ça a au moins le mérite de me faire marrer.

Et dieu sait qu’à force de rire, le film donne soif !
A les regarder gesticuler dans tous les sens en agitant
leurs verres de blanc, ça me donne envie de taper dans
la bouteille et de trinquer avec eux.

Un point noir ? Oui ! L’affiche ! Le graphiste qui a fait ça
mérite la peine de mort (à moins qu’il ne l’ai réalisée sous
la contrainte d’une arme à feu) ainsi que les mecs qui se
sont chargés de la phrase d’accroche (« un film mortel »),
ultra naze, à faire passer le film pour la comédie beauf
du dimanche avec Kad Mérad ou Michael Youn.

Il faut un brin d’imagination et de folie
pour apprécier  pleinement l’histoire,
avec un verre de vin ça passe tout seul !

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