Archive de l'Auteur

Like Crazy

Tout d’abord, il faut passer outre la plastique de Felicity Jones, qui rayonne
tant dans ce film (et spécialement dans ce film en fait) qu’elle ferait passer
une Zooey Deschanel pour une simple Miss Camping.
Revenir à son jeu et reconnaître que, si elle n’est pas l’actrice de la décennie,
son naturel et ses répliques pour la plupart improvisées touchent au but.
Manque de pot, le physique ne fait pas tout, bibiche, et passées les cinq
premières minutes les yeux scotchés sur la demoiselle, on a du mal à entrer
dans le jeu et excuser l’extrême fadeur de son personnage.

Anton Yelchin s’en sort lui aussi avec les honneurs, à jouer le petit
acteur indie/branchouille à la Paul Dano. Il retrouve d’ailleurs (pour la
deuxième fois dans la même année) l’inévitable Jennifer Lawrence, qui
arrive en l’espace de quelques minutes et deux/trois répliques à se
rendre plus attachante que ce que Felicity Jones a désespérément tenté
de faire en une heure. Une véritable acting class de la native du Kentucky.
Le talent, ça ne s’invente pas.

Il y a donc un après (500) Days Of Summer, un après Gigantic;
on remplace une brunette par une autre et on épure, on supprime toutes
les ficelles estampillées Hollywood pour donner naissance à une pellicule
neutre au possible. Point donc ici de jolis plans, de mouvements de
caméra compliqués, de musiques grandiloquentes et de happy-end
fantastique où tout le monde est content et danse et rit et chante.
Juste une caméra, une épaule ou un trépied pour la soutenir, deux
acteurs plus froids que la glace qui improvisent et se murmurent
des trucs à l’oreille devant des décors épurés.
Je ne suis pas en train de dire que c’est nul, loin de là, mais
il faut vraiment s’accrocher pour ne pas perdre le fil, et
essayer de grappiller chaque petit moment d’émotion que
le film distille au compte-goutte.
Je vous laisse le trailer ici, pour vous faire une idée.

J’ai eu envie de le regarder suite au très joli papier
publié par Panorama Cinéma, qui dresse une critique plutôt
positive du film, réalisé par Drake Doremus (qui, je vous l’avoue,
était pour moi un sinistre inconnu avant ce jour)

On aborde ici le thème de l’amour longue distance, qui manifestement ne
marche pas / ou du moins pas longtemps (désolé pour toutes les personnes
qui liront ce billet et penseront le contraire) et surtout des problèmes
liés aux visas américains. Sujet qui me parle d’autant plus que je reviens de
mon voyage aux Etats-Unis, où j’ai pu me rendre compte de l’extrême
difficulté à entrer sur leur territoire, et surtout à y rester.

Alors oui, on est plus proche de la « réalité » que dans n’importe quelle
autre comédie romantique nouvelle génération, la vision de l’amour
y est encore plus pessimiste qu’à l’accoutumée. Certains se diront « Et
bien voila enfin un film qui dit la vérité ! » tandis que les autres regretteront
qu’à aucun moment, Drake Doremus ait voulu nous faire rêver.

« L’amour est mort, vive l’amour! »

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Running With Scissors

Voila plus d’un an que j’essaye de faire ce post sur Running With Scissors.
Depuis fin-février de l’an dernier, pour être exact. Le manque de temps
et l’oubli ont fait leur office, mais voila l’erreur rectifiée.

Le film est une adaptation du roman autobiographique d’Augusten Burroughs
du même nom. C’est le premier long-métrage de Ryan Murphy. Certains vont
réussir à me dire : Ryan Murphy mais c’est qui ? Meuf, mec, tu as déjà regardé
la téloche ? Si c’est le cas tu ne peux pas ne jamais avoir entendu parler de
ce monsieur Murphy. Depuis pratiquement dix ans, c’est devenu le
Roi Midas de la série américaine : tout ce qu’il touche se transforme en or.
Il crée en 2003 la série Nip/Tuck, avant d’enchaîner avec Glee en 2009 et
plus récemment le somptueux American Horror Story. Inutile de vous dire
que toutes ces séries ont cartonnés au pays de l’Oncle Sam (et dans le monde
entier, en fait) et que Ryan Murphy est devenu la poule aux oeufs d’or préférée
des producteurs. Étrangement, ses deux longs-métrages n’ont pas rencontrés
le succès escompté, soit parce qu’ils ont reçu une somme astronomique de
mauvaises critiques (ce qui est le cas de Eat, Pray, Love), soit parce qu’ils
sont beaucoup trop indé/trash pour être appréciés du grand public américain
(ce qui est donc le cas de ce fameux Running With Scissors)

Le film raconte l’histoire d’un gamin gay mal dans sa peau (Burroughs himself),
que sa mère timbrée confie à la famille de son psy, famille qui se révèle être
encore plus déjantée. Au final, un film ultra cynique et complètement hilarant,
où tous les malades mentaux échappés de l’asile se sont donnés rendez-vous,
campés par une flopée d’acteurs au top de leur forme (Annette Bening est encore
plus affreuse qu’à l’accoutumée, Baldwin est un parfait père dépassé, Brian Cox,
Evan Rachel Wood et Gwyneth Paltrow régalent). Les seventies américaines
revisitées à la soude caustique, ça donne Running With Scissors, un film aussi
loufoque que le titre qu’il porte. A voir et revoir sans modération.
(faut que j’arrête ce genre de phrase à la fin c’est bidon)

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Dolls

J’ai l’impression d’avoir déjà écrit et dessiné ce post un nombre incalculable
de fois, mais ça devait être en rêve. C’est étrange, parce que c’est un de mes
films préférés, et je viens seulement de me rendre compte qu’il n’a jamais
eu son heure de gloire sur ce blog. J’ai voulu me rattraper en m’appliquant
un peu plus sur le dessin qu’à l’accoutumée.

Vous connaissez tous Takeshi Kitano (Beat Takeshi pour les intimes),
je ne vais pas vous le présenter parce que ça mettrais des plombes et
que vous savez déjà tous qui c’est, vous connaissez son jeu d’acteur
et sa façon de filmer, avec ces longs plans de plusieurs minutes où il
ne se passe rien, la place laissée aux silences, l’économie de mots et les
scènes d’actions coupées au cheveu près. Du cinoche à l’état pur.

J’aime beaucoup la plupart de ses films (en tant que réal), notamment
Dolls qui est pour moi son petit chef-d’oeuvre. C’est le film contemplatif
le plus beau et le moins ennuyeux du monde. Comme beaucoup d’autres films
issus du cinéma asiatique, je l’ai découvert au ciné-club l’école Emile Cohl, entre
Mind Game, Rashômon et  Three Extremes. Dolls c’est de la poésie, de l’émotion
brute de pomme, tout en métaphores, jeux de lumières, saisons changeantes,
plans colorés, et une histoire qui prend aux tripes. On devrait montrer Dolls
à l’école, comme on y fait lire du Baudelaire ou du Nerval.

Ce qui est marrant c’est que Dolls, bien qu’étant censé être le film le plus
éloigné de Kitano (autant au niveau du thème que de sa forme plastique),
est finalement celui où il donne le plus de lui-même, teste des choses,
utilise un panel de couleurs qu’il n’a pas l’habitude d’utiliser :
il prend des risques, et, au final, c’est son film le plus abouti. Vous aurez
compris que si ce n’est pas déjà fait, il faudra donc le voir impérativement.
Pour les magnifiques costumes de Yohji Yamamoto, pour les
musiques de Joe Hisaishi, pour les images, pour l’infinie Beauté.

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ワンピース / One Piece

Et donc, pour achever ce petit tour d’horizon des mangas cultes,
j’en reviens logiquement à One Piece, la série d’Eiichiro Oda, détentrice
d’à peu près tous les records possibles imaginables (notamment en terme de
ventes), adulée partout de par le monde, dont la sortie de chaque tome est
un évènement planétaire et qu’il est presque inutile de décrire ici tant
puisque le monde entier connait déjà la fabuleuse histoire du
Pirate au Chapeau de paille.

J’ai déjà consacré deux posts à la série par le passé (un dessin de Nico Robin
et un autre de Sanji), alors j’imagine que vous saviez déjà à quel point je
suis nerd de Luffy et sa bande. Je scrute avidement la sortie hebdomadaire
de chaque nouveau chapitre (encore une passion partagée avec l’opprimé).

Oda a un talent fou et une imagination sans limite. Jamais la série ne
connait de temps mort, jamais elle ne s’essouffle (ou très rarement),
son dessin est incroyablement beau, astucieux et impressionnant de maîtrise.
C’est ingénieux et inventif, personnellement j’ai jamais vu un autre type
capable de gérer une histoire aussi longue avec autant de brio, et un
chara design toujours sensationnel.

En fait, dans son genre je ne pense pas qu’il y ait de manga qui
puisse arriver à la cheville de One Piece. Vous voila prévenu.

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20世紀少年 /20th Century Boys

On continue avec les mangas-vraiment-cools-de-ma-jeunesse.
Dans le genre, il y a donc le mythique et mystique  20th Century Boys
de l’illustre Naoki Urasawa (Pluto, Monster), primé dans le monde entier
(notamment au Japon et à Angoulême).

L’histoire, qui alterne entre trois ou quatre époques, est à la fois
prenante, envoûtante, haletante, bref tous les adjectifs en -ante qui
signifient un truc cool (là vous venez de chercher dans votre tête et le
premier que vous ayez trouvé est « bandante »  hein, hein ?)

Le dessin d’Urasawa est assez atypique, s’éloigne des codes du manga
traditionnel et tend à se rapprocher du réalisme. Il ne bâcle pas (ce
qui est plutôt rare dans cette discipline – rendu hebdomadaire oblige),
l’ensemble est cohérent et agréable, bref, que du bon.

La série tient sur 24 tomes (les deux derniers étant particuliers
(ils n’ont même pas le même titre) et, si elle s’essouffle un peu vers la
fin, elle reste une des meilleures histoires que j’ai pu lire, tout medium
confondu. Il ne vous reste plus (comme pour Slam Dunk ) qu’à trouver
un vendeur de manga au rabais près de chez vous (ou des bons scans sur
internet) et dévorer cette petite merveille.

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